Notre société, obsédée par le vieillissement, la dégradation du corps ou celle de l’esprit, succombe au « jeunisme ». Il devient impératif pour chacun d’apparaître au mieux de sa forme, de masquer les rides, de cacher sa fatigue. Qui d’entre nous échappe à cette hantise ?
Et si ce n’était qu’un leurre ? Poursuivant le dialogue avec ses lecteurs, Colette Nys-Mazure livre une réflexion sensible sur le temps du vieillir. Avancer en âge, c’est peut-être approcher l’âge de vivre authentique, celui de recevoir différemment les autres, les choses, l’existence.
L’auteur de « Célébration du quotidien » évoque avec bonheur les moments et les mots de la vie ordinaire. Sur le ton de la conversation chaleureuse, elle allie gravité, humour et poésie.
Ecrivain, Colette Nys-Mazure a notamment publié Secrète présence, Feux dans la nuit, L’enfant neuf, Tu n’es pas seul. Elle collabore au quotidien La Croix, au mensuel Panorama.
Elle a écrit :
« La qualité d’un être ne se mesure pas à sa réussite dans le métier, la société, mais à son être justement, à cette croissance.»
« Alors que nous allons à l’école afin de nous former, nous apprenons « sur le tas » ce qu’il y a d’essentiel : le couple, la maternité, les relations, le vieillissement.»
« Comment résister à une société de l’apparence, de la performance, du renouvellement à tout prix ?»
« Avec la fatigue de l’âge peut s’atténuer une curiosité vitale. »
Les personnes âgées sont victimes du SIDA – qui est le composé de : Sidération- Inertie – Désintérêt - Asthénie
« … je suis souvent impressionnée par l’écart entre les « distractions », le confort matériel, auxquels veillent les responsables, et le peu de vitalité spirituelle.»
« Indifférence meurtrière. Le cœur s’atrophie. Il suffit de si peu : une lettre, un coup de téléphone, une fleur… »
« La générosité ne peut qu’être féconde. »
« L’imagination du cœur…»
« Passerons-nous enfin du faire et de l’avoir à l’être ensemble ? »
« Tant de souffrances en nous, autour de nous et, cependant, cette possibilité illimitée de créer des joies, de ménager des aires de repos, d’adoucir l’existence. »
C’est l’enfance en nous
qui s’attarde et qui saigne
nous berce et nous blesse
nous taraude nous embaume
« Remonter et non retomber en enfance...»
« Rester fidèle à l’enfant qu’on a été. »
« Pourquoi opposer au lieu de composer ? »
« Pourquoi sommes-nous moins doués pour le bonheur que pour le malheur ? »
« Pourquoi cette mode de la mélancolie, de la nostalgie plutôt que de l’avancée, de la vitalité ? »
« Ce qu’on peut faire, on ne le découvre qu’en le faisant.»
« A trop vouloir se tenir droit, on s’éloigne de ceux qui marchent courbés.»
«Tu n’atteindras jamais l’unité, la résolution des conflits, l’harmonie.»
« Comme ils sont rafraîchissants ces êtres de bonté, tellement différents de ceux qui vous serrent la main sans même vous regarder ou qui vous accablent de remarques douces-amères.»
« Pour autant que nous ne cédions pas au repli, à la défiance, à la prudence frileuse, l’aventure nous guette à chaque tournant.»
« Comment ne pas être dupe tout en demeurant accueillant ?»
« Je refuse le clivage manichéen : les bons d’un côté et les mauvais de l’autre.»
« Ce qui nie la complexité humaine asphyxie les relations.»
« Ce n’est pas seulement la graisse qui s’empare de nous avec le temps, mais l’usure et l’amnésie.»
« Nous n’en aurons jamais fini de débusquer les inégalités là où elles se cachent, à commencer dans notre quotidien.»
« Prendre patience, attendre le renversement des marées, sans provoquer de rupture.
Marie BUGNY